Cy Jung, Fragments d’un discours politique (manuscrit)

Ces Fragments d’un discours politique sont un manuscrit.

Ils disent la pensée politique de Cy Jung, écrivaine, à l’automne 2015.

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22 octobre 2015

S’il me paraît possible de s’absoudre d’une relation à l’autre qui nous rendrait propriétaires les uns des autres (et jamais réciproquement), est-il possible de supprimer la propriété quand il s’agit de choses et de biens marchands ? Est-ce d’ailleurs souhaitable au sens de « Est-ce la propriété (sous-entendue privée) qui fonde l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste, ou n’en est-elle qu’une expression parmi d’autres ? »
C’est le point de vue marxiste et libertaire, le premier pour promouvoir un État-propriétaire, le second en vue d’une propriété collective sans État. Je simplifie : au sein de ces deux tendances, les modèles proposés sont nombreux ; mais, dans l’un ou l’autre cas, une fois réglés les détails pratiques, je ne vois pas bien ce que cela changerait au fond du problème, soit la pérennisation d’un système économique qui fonctionne à l’oppression et à la domination, en l’espèce, dans nos sociétés occidentales, masculine, blanche et chrétienne. Autrement dit, je me demande en quoi l’État ou ces collectifs autogérés seraient plus vertueux que les capitalistes d’aujourd’hui.
Pour l’État, il me semble que les expériences de la seconde moitié du siècle dernier (URSS, RDA, Chine, Cuba, Corée du Nord, Viet Nam, Angola, pour n’en citer que quelques-uns) ont fait la preuve que la stricte propriété publique des moyens de production et des infrastructures domestiques (logement, santé, culture, éducation…) n’apporte aucune amélioration en termes d’écologie, de développement durable, de rupture avec une logique industrielle, d’apaisement social et de libertés individuelles et collectives. C’est même aporétique que d’en faire la simple liste.
Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à toute propriété publique, partielle ou totale, notamment quand il s’agit de secteurs de première nécessité (eau, énergie, logement, éducation, santé, transports, communications), pour les préserver d’une marchandisation qui porte atteinte à la sécurité des approvisionnements et la congruité des coûts. Par contre, en ce qui concerne l’appareil de production, je peine à considérer que la forme de propriété (publique, collective ou privée) change quoi que ce soit à cette logique du « toujours plus » qui menace aujourd’hui la planète et altère nos libertés. Ainsi, si chacun ne met pas en cause, petit à petit, ses modes de vie pour consommer autrement et entretenir des rapports pacifiés aux autres, quels que soient les propriétaires des outils de production et des infrastructures domestiques, il n’y a aucune raison objective que ceux-ci renoncent à la croissance et au profit.
On va m’opposer les « comités citoyens », et autres « groupes de vigilance » qui, dans un système à propriété collective, auraient pour mission de contrôler ce que font les unités de production pour les maintenir dans la ligne… La ligne. Droite, bien sûr. Et la boucle est bouclée : le totalitarisme, par le contrôle du contrôle qui contrôle le contrôle, prend la suite au nom des intérêts du peuple qui, en général, ne fait que subir ce qu’un groupe restreint décide en son nom.

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