Cy Jung, Fragments d’un discours politique (manuscrit)

Ces Fragments d’un discours politique sont un manuscrit.

Ils disent la pensée politique de Cy Jung, écrivaine, à l’automne 2015.

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23 septembre 2015

La manière dont les multinationales mondialisent la consommation au même titre que le travail a de multiples exemples. Le plus édifiant, sans doute, est celui de Coca Cola qui impose sa marque jusqu’à faire en sorte, dans certains pays du Sud, que son soda soit moins cher que l’eau, donc plus consommé que l’eau. De nombreux reportages et articles [1] ont notamment été consacrés au Mexique qui fait face à une pénurie d’eau potable largement compensée par la disponibilité des produits des multinationales des boissons sucrées. Les effets sont délétères sur l’économie du pays autant que sur la santé des populations. Mais comment pourraient-elles résister quand « Boire du Coca-Cola confère un prestige social aux classes populaires qui aspirent à entrer dans la société de consommation, selon le modèle américain. » [2]
Les produits de grande consommation, standardisés à l’échelle mondiale à partir d’un modèle plutôt blanc, plutôt masculin, plutôt chrétien et plutôt occidental, sont donc ce que « les gens veulent » pour le plus grand bonheur de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste qui a su transformer tout acte de consommation en acte de (soi-disant) « plaisir ». Mais le plaisir, cela se fabrique, comme tout ce qui relève de nos émotions, tout ce qui nous fait du bien ou du mal ; et la plus grande force des industriels est de nous proposer un ordre culturel global où tout ce que nous faisons à son profit est considéré comme « naturel », comme « allant de soi », comme étant ce que nous avons toujours aimé.
N’est-ce pas le cas pour une boisson sucrée ? N’est-elle pas par nature meilleure qu’un verre d’eau plate ? Au goût, on peut la trouver bonne ; le sucre est un ingrédient qui sied effectivement « naturellement » à nos papilles. Mais, selon les circonstances, on peut trouver meilleur de boire un verre d’eau plate, quand on a soif, par exemple, quand on fait du sport, quand on mange et que l’on ne veut pas d’un mélange de saveurs sucrées salées. Entre le « bon » et le « meilleur », il y a donc une nuance qui se définit selon les circonstances et les qualités que l’on attribue à la boisson.
Si l’on considère un soda du point de vue du sucre consommé comparativement au sucre nécessaire à l’organisme, on va avoir du mal à le considérer comme meilleur que de l’eau plate. Il n’est d’ailleurs plus personne aujourd’hui pour ignorer la malignité d’une trop grande consommation de sucre, à part l’industrie sucrière, bien sûr [3]. Mais c’est si bon, le sucre… ; et tellement nécessaire à une bonne activité cérébrale, non ? C’est exactement ce que je me dis chaque fois que j’ai envie d’un morceau de chocolat : sucre et magnésium et hop ! ma production littéraire devient si fluide… Chimère. Par ailleurs, l’hypothèse de l’existence d’addictions physiologiques au sucre, bien qu’en débat, rencontrent de plus en plus d’études qui l’avèrent [4]. Et même si cette hypothèse se révélait fausse, pourquoi en consommons-nous toujours plus eu égard au risque pour notre santé ? Juste parce que c’est bon ? Parce que cela comble un vide ? Parce que c’est plus chic d’avoir un verre de soda à la main qu’un simple verre d’eau plate ?
Tout cela réuni, sans doute, et, au-delà de la question des boissons sucrées, il me semble que c’est notre consommation « en tout » que l’on doit interroger. Pourquoi consommons-nous tant, moi la première ? Parce que c’est un « plaisir facile », accessible, un plaisir qui ne demande pas tant d’efforts, un qui fait « rêver » quand il semble hors d’atteinte et qui confère une considération sociale indéniable quand il est atteint. Dans ce contexte, il semble difficile de sortir de cette « logique de consommation » puisque cela suppose de se définir d’autres plaisirs et d’autres rêves que ceux produits préemballés par les multinationales tout en affrontant la pression sociale consécutive à tout comportement ostensiblement adverse à la norme bourgeoise, hétérosexiste et raciste en vigueur.
Difficile, oui. La liberté est difficile car elle peut nous faire craindre l’ostracisme. Mais n’est-elle pas meilleure que le chocolat [5] quand on se souvient qu’elle nous définit en tant que sujet agissant, pensant et désirant le plus autonome possible de ses actes, de ses pensées et de ses désirs ? La liberté (le libre arbitre) me semble ainsi à la fois un objectif et un moyen d’être à ce monde que j’aspire à changer par un appel à la résistance, la résistance à toutes les formes d’oppression contitutives de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste, consommation comprise.

« Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789
« Art. 2.
« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. »

Si c’est la Constitution [6] elle-même qui nous l’autorise, pourquoi nous en priver ? Parce que l’article 7 nous invite à respecter la loi (avec une majuscule !) ou « être coupable[s] par la résistance » ?

« Art. 7. Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance. » [7]

Et si la loi est arbitraire ? Le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État nous garantissent, normalement, qu’elle ne l’est pas. Cela reste à démontrer, bien sûr, en discutant la notion d’arbitraire. Quant à « résister à la loi », cela se nomme la « désobéissance civile » quand on le fait publiquement en revendiquant les suites judiciaires des infractions commises, bien sûr, et de manière non violente. On peut y venir, et sans doute faudra-t-il y venir.
Pour l’heure, la résistance dans la loi offre déjà un champ important d’action politique. Je commence par cela. Et tant pis si j’en suis coupable !

Ajout du 20 octobre 2015

Hier soir, la Chaîne parlementaire diffusait un documentaire, Les nouveaux désobéissants [8], qui me ramène à la désobéissance civile plus tôt que je ne le pensais.
Ce documentaire présentait des actions de désobéissance civile dont il semble y avoir une certaine recrudescence : Zad de Notre-Dame-des-Landes [9], faucheurs volontaires [10], aide aux migrants à Calais [11], action contre le Roundup [12], tags des Déboulonneurs [13] contre la publicité… et action biblique de SOS Tout-Petits contre l’avortement devant l’hôpital Tenon [14]. N’ont-ils pas en commun de désobéir à la loi pour que leur combat soit porté devant les tribunaux, via leurs actes délictueux, pour marquer l’opinion publique et forcer les tribunaux à prendre des décisions qui infléchissent la loi ? Tous n’ont-ils pas en commun de justifier leurs actes par l’ « État de nécessité » [15] ce que, par exemple, les tribunaux ont entendu pour les Déboulonneurs de Paris ?

Code pénal. Art. 122-7
« N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace. »

Xavier Dor, fondateur charismatique de SOS Tout-Petits, argue ainsi que l’avortement légalise « l’assassinat de deux cent mille enfants par an », assassinats « remboursés par la sécurité sociale ». Ne faisant ici pas la différence entre un embryon et un enfant, et convaincu qu’il n’y en a pas sur la base d’une foi chrétienne absolutiste, cet homme ne peut conclure qu’au caractère « satanique » de l’avortement et invoquer l’article 122-7 du Code pénal pour que cesse un tel « génocide ». Il se sent donc fondé (entre autres) à chanter des cantiques devant l’hôpital Tenon et à interpeller personnellement les femmes qui se présentent au centre IVG.
Noël Mamère, faucheur volontaire et marieur délinquant [16], répond dans le documentaire qu’il n’y a là aucune désobéissance civile au vu des opinions défendues, qu’il ne s’agit que d’une « action réactionnaire ». Si je partage l’idée que ce sont effectivement des personnes à l’idéologie réactionnaire et obscurantiste, il ne me semble pas qu’il y ait de différence de nature entre leurs actions et celle, par exemple, vue dans le documentaire, de ces militants anti-Roundup qui investissent une grande surface de bricolage, posent des autocollants sur les produits, interpellent les chalands… et s’en vont gentiment.
« Et s’en vont gentiment… » ; elle est sans doute là la différence tant les militants de SOS Tout-Petits n’ont rien de « gentil ». Comment le pourraient-ils d’ailleurs, eux qui prônent un ordre social totalitaire où le dogme chrétien de l’Inquisition fait loi, Lévitique [17] en tête ? La violence physique n’est jamais très loin ; la violence psychique est patente. C’est ici que l’on peut contester le caractère de « désobéissance civile » de leurs actes, dans cette violence inhérente à leur idéal politique, violence ontologique à toute organisation politique fondée sur un dogme religieux.

Ajout du 1er novembre 2015

Et pourtant…
Là où il me semble que certaines idéologies réactionnaires ne seraient pas compatibles avec une certaine forme d’action politique de types « résistance individuelle non violente » et « désobéissance civile » parce que cette réaction est ontologiquement porteuse de violence et de valorisation de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste, d’aucuns n’y voient aucune incompatibilité. J’en prends pour exemple le portrait de Gaultier Bès, « catho-pop et écolo-réac » publié par Street Press, un webzine pour les « jeunes urbains » [18].
Ce militant catholique, cofondateur des Veilleurs [19], ardent pourfendeur du mariage pour tous, souhaitait établir une « convergence des luttes » [20] entre les antimariages pour tous et les zadistes de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Je n’y aurais pas pensé ! Et je peine à situer la convergence.

« Nous avions pour projet de créer une passerelle de rencontres sur nos difficultés, nos buts, nos moyens et de partager ces thèmes au sein d’un milieu [les Veilleurs et la Manif pour Tous, NDLR] a priori pas sensible à ces questions. » [21]

Sensibiliser la Manif pour tous à l’écologie politique ? Il est vrai que le pape s’est récemment présenté en défenseur de l’environnement mais l’environnementalisme n’est pas l’écologie politique, celle-ci proposant une rupture avec l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste ce que la défense de l’environnement ne fait pas, et ce, encore moins quand elle a une certaine idée de Dieu comme inspirateur.
Je reprends une partie du discours du pape François 1er à l’ONU. Il est à ce titre exemplaire.

« Avant tout, il faut affirmer qu’il existe un vrai ‘‘droit de l’environnement’’ pour un double motif. En premier lieu, parce que nous, les êtres humains, nous faisons partie de l’environnement. Nous vivons en communion avec lui, car l’environnement comporte des limites éthiques que l’action humaine doit reconnaître et respecter. L’homme, même s’il est doté de « capacités inédites » qui « montrent une singularité qui transcende le domaine physique et biologique » (Encyclique Laudato si’, n. 81), est en même temps une portion de cet environnement. Il a un corps composé d’éléments physiques, chimiques et biologiques, et il peut survivre et se développer seulement si l’environnement écologique lui est favorable. Toute atteinte à l’environnement, par conséquent, est une atteinte à l’humanité. En second lieu, parce que chacune des créatures, surtout les créatures vivantes, a une valeur en soi, d’existence, de vie, de beauté et d’interdépendance avec les autres créatures. Nous les chrétiens, avec les autres religions monothéistes, nous croyons que l’Univers provient d’une décision d’amour du Créateur, qui permet à l’homme de se servir, avec respect, de la création pour le bien de ses semblables et pour la gloire du Créateur. Mais l’homme ne peut abuser de la création et encore moins n’est autorisé à la détruire. Pour toutes les croyances religieuses l’environnement est un bien fondamental (cf. Ibid, n. 81). » [22]

Pour le pape, il s’agit donc de protéger la nature, au sens d’espace naturel mais aussi au sens de ce qui fait que l’homme est homme tel que son-Dieu l’a défini en créant et l’homme et la nature qui va avec. Il faut bien comprendre que, dans ce discours, l’homme n’est pas premier ; c’est son-Dieu qui l’est et l’homme et ses natures sont à défendre car y atteindre, c’est atteindre à son-Dieu lui-même. Mais si on lit cela au premier degré, sans noter le vocabulaire biblique et la pirouette intellectuelle entre Dieu et l’homme, on peut effectivement se dire que le pape est un militant écologiste ; comme Nicolas Hulot ? Oui, pareil, avec l’idée qu’il faut sauver la planète car elle est la maison des hommes et tellement belle. Quid de la culture (celle qui s’oppose à la nature) ? Et de la liberté ?
Ces militants catholiques me répondront que la liberté est dans la nature autant que la culture quand elle est directement le produit de la nature, leur-Dieu ayant donné à l’être humain tout le nécessaire pour soigner notre humanité. Dans ce contexte, les maux d’aujourd’hui ne sont que le produit du détournement et du dévoiement de Sa-parole, le dépassement « des limites éthiques que l’action humaine doit reconnaître et respecter ». Ils ont réponse à tout ; c’est aussi le propre d’une pensée totalitaire. Et ils utilisent un discours d’amour pour transformer leur-Dieu tout-puissant en un chérubin aimant.
Pour ce qui concerne Gaultier Bès et ses veilleurs, les zadistes de NDDL ne s’y sont pas trompés et ont éconduit ces militants réactionnaires, ce que leur guide ne comprend pas.

« C’est le monde à l’envers ! On leur disait : “Alors, c’est fini Acab ? [All Cops Are Bastards, ndlr]” [23] En face ils beuglaient et poussaient des cris de singe, j’ai trouvé ça hallucinant, alors que nous étions juste des jeunes gens emmerdés nous aussi par les flics. » [24]

Je ne connaissais pas cette expression, « Acab », mais il semble qu’elle soit liée à des actions de violence urbaine, bien loin de la résistance non violente des zadistes de NDDL. Cette violence, finalement, est si imbriquée dans la pensée catholique réactionnaire de ce militant qu’il est incapable d’en prendre la mesure.

« Ces gens étaient mal renseignés sur nous, ils pensaient que nous étions des nazis, ils ont réagi comme si nous étions une menace fasciste. » [25]

Ce « ces gens » me paraît exprimer une forme de mépris à l’égard de son prochain qui va bien à sa toute-puissance, au totalitarisme qui fonde sa pensée. Parce que son engagement a la foi et le dogme catholique comme fondements idéologiques, alors il le considère comme juste, essentiellement juste. Ses opposants sont des « gens (…) mal renseignés » et non des militants politiques qui n’ont pas le même projet que lui. Il est tellement impossible de ne pas avoir le même projet que lui puisque son projet est d’inspiration divine !
Nous voilà bien dans une de ces impasses à laquelle je me refuse totalement : considérer que j’ai raison ; considérer comme acceptables des projets politiques fondés sur l’idée que qui n’est pas avec moi « se trompe ». Je ne pense pas, par exemple, que ce militant se trompe ; je pense juste que son projet politique est effectivement fasciste en ce qu’il propose un modèle social centré sur un contrôle des actes et des consciences pour que rien de l’activité et de la pensée humaine n’échappe à son-Dieu et à ses représentants ; surtout à ses représentants. Il n’est pas dans l’erreur ou la bêtise. Il est dans le déni de la liberté individuelle. Il est ainsi mon ennemi politique, et non un « malade », un « abruti » ou un « imbécile ».
Et je le considère comme très dangereux parce que son discours religieux se présente comme une parole d’amour là où il n’est que proposition de haine et d’exclusion. Je suis certaine que ce militant ne se pense pas comme homophobe, par exemple ; il considère juste que son-Dieu a défini le mariage comme l’union d’une femme et d’un homme et qu’il ne faut pas contrarier son-Dieu. Il n’agit donc pas « contre les homosexuels » mais « pour son-Dieu ». Sauf que le Dieu tel qu’il s’en revendique est un Dieu dogmatique, un Dieu qui exclut, un Dieu qui définit le bien et le mal, le juste et l’abominable, un Dieu au service de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste.
Alors, quand il se dit militant de la décroissance et « locavore » [26], il ne faut pas s’y tromper : il s’agit d’une posture de séduction politique qui érige le jardin d’Éden en nature idéale, serpent exclu.

Ajout du 2 novembre 2015

La confirmation de la condamnation par la Cour de cassation le 20 octobre 2015 « de douze militants de Mulhouse (Haut-Rhin) qui avaient participé en 2009 et 2010 à des actions appelant au boycott de produits israéliens » [27] m’amène à envisager la question de la désobéissance civile sous l’angle de la liberté d’expression. Cela me surprend, à l’instar des militants condamnés, tant je ne pensais pas qu’un appel au boycott pouvait se transformer en délit, donc en acte de désobéissance civile. Les militants anti-Roundup dont j’ai parlé plus haut [28] revendiquaient leur action comme telle en référence au fait qu’ils agissaient à l’intérieur du magasin et posaient des autocollants sur les produits. À aucun moment, ce n’est l’opinion qu’ils défendaient qui semblait pouvoir être considérée comme illégale.
Les militants qui « avaient invité à deux reprises les clients d’un supermarché alsacien à ne pas acheter des produits israéliens dans le cadre de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) » [29], eux, semblent avoir été condamnés non sur l’action elle-même mais sur l’opinion qu’ils défendaient. Voici leur commentaire.

« Après cette condamnation, il serait devenu impossible, aujourd’hui, de boycotter l’Afrique du Sud pour lutter contre l’apartheid ? Pourtant, dans les années 70-80, le boycott de l’Afrique du Sud mené contre cet État raciste a été un des facteurs essentiels qui ont mené à l’abolition de l’apartheid, victoire du progrès de l’humanité. » [30]

Me voilà très intriguée. Sur quelle base juridique ont-ils été condamnés ? Le Crif [31], très intéressé à l’affaire, me donne la réponse.

« La Cour de Cassation (sic), appliquant de nouveau la Loi (sic) (article 24 alinéa 8 de la loi sur la presse), jugea que l’action de ces personnes provoquaient (sic) à discriminer les produits venant d’Israël, incitant les clients du magasin à ne pas les acheter, en raison de l’origine des producteurs et fournisseurs qui, constituant un groupe de personnes, appartiennent à une nation déterminée, en l’espèce Israël. » [32]

Je n’y aurais pas pensé tant il me semble qu’appeler à un boycott des produits israéliens n’est pas discriminatoire à l’égard d’une nation puisque c’est une doctrine politique qui est avant tout visée. Mais il est vrai que, par ricochet, les producteurs israéliens en pâtissent ; le boycott n’est-il alors pas un moyen de les inciter à réfléchir sur la politique de leur pays à l’égard des Palestiniens ?
Quoi qu’il en soit, mon petit doigt me dit que s’il avait été question d’un appel au boycott des produits russes pour lutter contre le totalitarisme et la violence d’État développés par Vladimir Poutine, le jugement de la Cour de cassation n’aurait pas été le même. L’Europe, d’ailleurs, n’a-t-elle pas voté des sanctions contre la Russie depuis le 29 juillet 2014 pour protester contre sa participation à la crise ukrainienne, sanctions comprenant des restrictions d’importations de bien et de capitaux ? [33]
Voilà que je confonds sanctions internationales et appel au boycott. Gauchiste que je suis !
Deux poids, deux mesures, donc, qui nous rappellent que la Cour de cassation n’échappe pas, dans ses arrêts, au contexte politique et dit le droit de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste. L’article de la loi sur la presse invoqué contre ces militants est à ce titre édifiant. Je le cite en entier, même s’il est un peu long, car il nous dit ce que la loi liste comme « abus de droit » [34] de liberté d’expression qui peuvent constituer des limites légales à nos actions, donc nous exposer à des poursuites judiciaires.

« Seront punis de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article précédent, auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n’aurait pas été suivie d’effet, à commettre l’une des infractions suivantes :
« 1° Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne et les agressions sexuelles, définies par le livre II du code pénal ;
« 2° Les vols, les extorsions et les destructions, dégradations et détériorations volontaires dangereuses pour les personnes, définis par le livre III du code pénal.
« Ceux qui, par les mêmes moyens, auront directement provoqué à l’un des crimes et délits portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation prévus par le titre Ier du livre IV du code pénal, seront punis des mêmes peines.
« Seront punis de la même peine ceux qui, par l’un des moyens énoncés en l’article 23, auront fait l’apologie des crimes visés au premier alinéa, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des crimes et délits de collaboration avec l’ennemi.
« Tous cris ou chants séditieux proférés dans les lieux ou réunions publics seront punis de l’amende prévue pour les contraventions de la 5° classe.
« Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement.
« Seront punis des peines prévues à l’alinéa précédent ceux qui, par ces mêmes moyens, auront provoqué à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle ou de leur handicap ou auront provoqué, à l’égard des mêmes personnes, aux discriminations prévues par les articles 225-2 et 432-7 du code pénal. » [35]

Je ne conteste pas, par principe, qu’il puisse exister des « abus de droit » de liberté d’expression mais il semble que l’époque soit à leur augmentation et à une application restrictive de la loi par les tribunaux. Je me souviens des débats autour de l’alinéa 9, certains craignant de ne plus pouvoir rien dire au nom d’un « politiquement correct » par nature liberticide. Je ne peux pas céder à cet argument car il s’agit de condamner les incitations à la haine ou à la violence et les discriminations. Ces notions peuvent sembler floues. L’arrêt de la Cour de cassation le prouve. Pour autant, peut-on se passer de telles restrictions ?
La question me donne néanmoins envie d’apprendre quelques chants séditieux et j’invite chacun à aller lire le Livre IV du Code pénal, « Des crimes et délits contre la nation, l’État et la paix publique ». Même en ces temps de Vigipirate « alerte attentats », j’ai l’impression de lire des textes d’un autre siècle ; question de vocabulaire, peut-être ; ou de rapport à l’État.
Un chant séditieux, donc.

« Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite... » [36]

Il n’est pas très louable de sortir cette rime de son contexte.

« C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. » [37]

Décidément, je m’égare.
Le contexte, donc. Il joue beaucoup dans la décision de justice et dans l’interprétation de la loi et doit nous inspirer aussi dans la définition de nos actions de résistance surtout si l’on ne souhaite pas investir le champ de la désobéissance civile, forcément plus périlleux pour notre liberté individuelle.

J’ajoute une dernière réflexion sur cette affaire.
Je remarque que cet appel au boycott aurait pu aussi être poursuivi en vertu de l’article 225-2 du Code pénal qui précise qu’« entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque » est une discrimination telle que définie aux articles 225-1 et 225-1-1 dudit code. Pourquoi la Cour de cassation n’a-t-elle pas privilégié cet article en lui préférant la loi sur la presse et ses définitions des « abus de droit » ? Pour bien signifier à ces militants qu’ils ont commis un « délit d’opinion » dont nous protège pourtant l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 [38] ?
Considérant qu’un appel au boycott de produits israéliens est de nature à constituer un « trouble à l’ordre public », celui défini par la politique étrangère de LaFrance au Moyen-Orient, je le crains.

Ajout du 3 novembre 2015

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a publié un communiqué de presse hier indiquant que « Sous plusieurs prétextes, dont une contre-manifestation imaginaire de la LDH, le préfet de l’Hérault a interdit, le 31 octobre 2015, une manifestation organisée, le même jour, par BDS 34. » Elle dénonce dans la foulée « une atteinte d’une exceptionnelle gravité à la liberté d’expression et de rassemblement » que cette interdiction administrative constitue et invite BDS 34 à déférer cette décision devant le tribunal administratif [39].
Ma crainte exprimée hier se confirme. Le délit d’opinion est avéré.

Ajout du 12 novembre 2015

Avant de renouer le fil de ma pensée sur la résistance individuelle, je prends encore un exemple de désobéissance civile, parce qu’il m’amuse et parce qu’il dit une fois de plus que la barrière légale est finalement très facile à franchir.
Depuis le début de l’année 2015, des « Faucheurs de chaises » entrent dans une agence bancaire et, expliquant leur geste et leurs motivations aux employés de l’agence, repartent avec quelques chaises. Une première action à Bayonne du collectif Bizi ! [40] dans une agence HSBC le 12 février 2015 était plutôt motivée par le fait de « récupérer » des chaises en contrepartie de l’argent détourné par cette banque par l’évasion fiscale. Le responsable du groupe d’activistes a été entendu pour « vol aggravé » sur plainte de la banque, la police se mettant en action pour récupérer les chaises que des organisations et des personnalités avaient accepté de prendre en charge. Les militants ont été sollicités pour des tests ADN, eux revendiquant l’évasion des chaises vers la Suisse…

«  L’évasion des chaises vers la Suisse. Va-t-on mobiliser Interpol ? » [41]

À vingt-quatre heures près, on pourrait croire que Reporterre a monté un joli poisson. Il n’en est rien, ce mouvement ayant pris une certaine ampleur jusqu’à devenir une des actions de désobéissance civile qui s’organisent pour protester contre l’échec annoncé de la Cop21.

« Le but ? Confisquer 196 chaises dans les banques, soit autant que de parties qui seront présentes à la 21e conférence des Nations unies sur le climat qui s’ouvrira le 30 novembre au Bourget (Seine-Saint-Denis). Ces chaises serviront à organiser une action symbolique visant à dénoncer l’immobilisme (supposé) des grandes puissances, durant la conférence, et à mobiliser les citoyens du monde en les invitant à siéger sur le mobilier confisqué. » [42]

Le mode d’action me fait sourire, et le symbole est fort. Il n’en demeure pas moins que prendre une chaise dans une agence bancaire est effectivement un vol. Le fait que ce vol soit motivé par une action politique n’y change rien, sauf bien sûr à invoquer l’état de nécessité auquel j’ai déjà fait référence.
Il va sans dire que je trouve toute poursuite contre ces militants tout à fait injustifiée ; mais je ne suis pas une tenante de l’ordre bourgeois, hétérosexiste et raciste. Celui-ci défend ses chaises ; cela se comprend. Les militants défendent leurs idéaux ; cela se comprend aussi. Qui va gagner ? Je gage que ce seront les militants, au moins à long terme, ce qui ne les dispensera pas, à titre personnel, du traumatisme des poursuites, toute confrontation avec les autorités policières et judiciaires n’étant jamais une partie de plaisir.
Pour ma part, je ne me sens pas de faucher une chaise, ou d’engager une action qui me mettrait en porte à faux avec la loi. Je l’ai fait. J’aurais peur, aujourd’hui, de m’y lancer de nouveau. Il ne me semble pas qu’il y ait de honte à avoir peur, ou à ne pas avoir envie de se retrouver en garde à vue [43] ou à devoir payer une amende. Il y a tant d’actions que l’on peut mener tout en restant dans la légalité. À chacun ce qu’il peut faire ; c’est déjà énorme !


[1Par exemple, Alain Sousa « Au Mexique, la population manque d’eau potable mais Coca-Cola prospère », Reporterre, 27 avril 2015.

[2Alejandro Calvillo, directeur de l’ONG El poder del consumidor (Le pouvoir du consommateur) cité par Frédéric Saliba « La Coca-colisation nuit gravement à la santé », M le magazine du Monde, 23 août 2013.

[3On peut voir par exemple ce reportage de Michèle Hozer, « Sucre, le doux mensonge » (2015).

[4Par exemple, Serge Ahmed, directeur de recherche au CNRS à l’institut des maladies neurodégénératives de l’université Bordeaux 3, a mené des études sur l’addiction des rats à la cocaïne et au sucre. Voici un article où il discute son propre travail : « Tous dépendants au sucre ? », La Recherche (443) juillet 2010.

[5Allusion à Better than chocolate, un film d’Anne Wheeler (Canada, 2004), où une mère de famille en plein divorce squatte chez sa fille lesbienne et noie son chagrin dans une forte consommation de chocolats avant que l’un d’eux ne roule sous le lit et rencontre une boîte de jouets sexuels.

[6Le préambule de la Constitution de la Ve République fait directement référence à la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ». Elle est donc partie intégrante du « bloc de constitutionnalité », autrement dit de la Constitution. Cela donne à la résistance à l’oppression valeur de droit positif.

[7Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, article 7.

[8Arthur Borgnis Desbordes, Les nouveaux désobéissants, hors la loi ou citoyen ?, France, 2013, 52 mn, émission Droit de suite, LCP, 19 octobre 2015.

[10Ce mouvement lutte contre les OGM en détruisant les cultures OGM de plein champs et les parcelles d’essais transgéniques. Ils sont soutenus par de nombreuses personnalités et ont souvent été condamnés en justice.

[11L’article L622-1 du du code d’entrée et de séjour des étrangers dispose que « Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros. » Cet article en vigueur sous des versions différentes depuis 1945 a été remis au goût du jour par le président Sarkozy et largement utilisé par les autorités contre les personnes aidant les étrangers en situation irrégulière, à Calais ou ailleurs. L’article L622-4 a été modifié en octobre 2015, rendant caduque l’article L622-1 qui a porté beaucoup de militants à des actes de désobéissance civile « 3° De toute personne physique ou morale, lorsque l’acte reproché était, face à un danger actuel ou imminent, nécessaire à la sauvegarde de la vie ou de l’intégrité physique de l’étranger, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace ou s’il a donné lieu à une contrepartie directe ou indirecte. »

[12Le Roundup est le fameux « herbicide total » de Montsanto dont on découvre chaque jour un peu plus la toxicité pour l’homme et l’écosystème. Son interdiction est un combat mené depuis longtemps par les militants environnementalistes. La ministre de l’Écologie a récemment indiqué souhaiter l’interdiction de sa vente aux particuliers au 1er janvier 2016.

[13Le collectif des Déboulonneur, créé en 2005 à Paris, se définit comme menant une « action d’envergure nationale contre le système publicitaire » en vue de « l’ouverture d’un débat national sur la place de la publicité dans l’espace public ». Se proposant ainsi de « déboulonner la publicité, c’est-à-dire de la faire tomber de son piédestal », le collectif agit par « la dégradation assumée et non-violente en barbouillant des panneaux publicitaires en public. »

[14SOS Tout-Petits est une association catholique intégriste « pro-vie », entendre contre l’avortement, créée par Xavier Dor, médecin de son état, en 1986. Elle mène depuis des actions d’occupation de centres médicaux pratiquant l’IVG, interpellant les femmes et chantant des cantiques en latin. Ces actions ont souvent mené ses militants devant la justice, justice qui les a régulièrement condamnés. Depuis 2011, l’association campe devant l’hôpital Tenon à Paris, centre d’IVG.

[15Un résumé de cette décision est ici.

[16On se souvient que Noël Mamère, maire de Bègle et député de Gironde, a marié deux hommes en sa mairie le 5 mai 2004 afin de lancer le débat sur le mariage de couples de même sexe. Il a été suspendu de ses fonctions un mois et le mariage a été annulé. Il a également été condamné à trois mois de prison avec sursis en novembre 2005 en tant que faucheur volontaire.

[17Le Lévitique est le troisième livre de l’Ancien Testament qui avérerait, selon les chrétiens dogmatiques, la condamnation sans équivoque de l’homosexualité dans la Bible : « 22 - Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. » On retrouve ce terme d’ « abomination » chez Christine Boutin, par exemple dans une interview au magazine Charles (9), printemps 2014. Xavier Dor va d’ailleurs encore plus loin : il qualifie, dans le documentaire de LCP, le mariage homosexuel de « satanique ».

[18Ornella Guyet & Michela Cuccagna, « Gaultier Bès : catho-pop et écolo-réac », Street Preess, 26 octobre 2015.

[19Les Veilleurs sont un mouvement catholique de protestation contre le mariage pour tous qui a choisi comme stratégie politique d’organiser des veillées publiques sous forme de sit-in autour de bougies et de chants ou lectures bibliques. Ce mouvement se revendique de tradition politique non violente et leurs actions y ressemblent. Mais les ressemblances sont parfois trompeuses.

[20La « convergence des luttes » est un axe politique anarcho-syndicaliste qui cherche à fédérer des luttes sur des terrains a priori sans liens en considérant que ces luttes sont susceptibles de toutes, peu ou prou, tendre vers la fin du capitalisme. On retrouve ce terme chez certains activistes de culture libertaire qui ont considéré que les luttes « contre le système » forment un continuum qui mènera à la chute du système. J’en fais partie.

[21Gaultier Bès, in : Ornella Guyet & Michela Cuccagna, 2015, op. cit.

[22Discours du pape François 1 à l’ONU, 25 septembre 2015.

[23Cet acronyme de « All cops are bastards » (« Tous les flics sont des salauds ») a été popularisé durant la grève des mineurs britanniques de 1984-1985 mais il appartiendrait aux skinheads des années 70. Ses usages semblent assez variés bien que rarement étrangers à l’action violente. C’est aussi un film éponyme de Stefano Sollima (2012).

[24Gaultier Bès, in : Ornella Guyet & Michela Cuccagna, 2015, op. cit.

[25Gaultier Bès, in : Ornella Guyet & Michela Cuccagna, 2015, op. cit.

[26Les locavores sont des adeptes de la « slow food » en opposition à la « fast food ». Il s’agit d’avoir une alimentation non agressive pour l’environnement notamment en ne consommant que des denrées produites dans un rayon de 100 km à 250 km autour de chez soi. Ce mouvement est né en Californie où la variété alimentaire est importante. Dans des régions plus tempérées, voire très froides, ce choix alimentaire est plus difficile surtout quand on on est pauvre, que l’on est loin de la mer et que l’on vit en zone urbaine à forte densité de population.

[27Alexandre Hervaud, « Le boycott anti-israélien est « illégal » en France », libération.fr, 28 octobre 2015.

[29Alexandre Hervaud, 28 octobre 2015, op. cit.

[30« Après la condamnation en Cour de cassation des 12 boycotteurs de Mulhouse », communiqué de presse les militants condamnés et la coordination Mulhouse / Palestine dont L’association Justice Pour La Palestine, 22 octobre 2015.

[31Conseil représentatif des institutions juives de France.

[32Pascal Mokowicz, « La Cour de cassation confirme la condamnation du boycott des produits israéliens », Crif, 21 octobre 2015.

[33« L’UE adopte de nouvelles sanctions économiques contre la Russie », LeMonde.fr avec AFP, 29 juillet 2014.

[34« Littéralement le mot "abus" se réfère à l’usage excessif d’un droit ayant eu pour conséquence l’atteinte aux droits d’autrui. Dans les textes juridiques relatifs aux relations du droit privé et du droit public, on trouve cette acception dans des expressions telles que "abus de droit", "abus de pouvoir", "abus de position dominante", "abus de biens sociaux" et "clause abusive". » (Dictionnaire juridique. En matière de libertés publiques, seul le législateur est habilité à définir ces « abus de droit ».

[35Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, art. 24.

[36Maurice Druon & Joseph Kessel (paroles), Anna Marly (musique), Le chant des partisans, 1941-1943.

[37Maurice Druon & Joseph Kessel (paroles), Anna Marly (musique), 1941-1943, op. cit.

[38« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. »

[39« Le préfet de l’Hérault est un menteur », communiqué de presse de la LDH, 2 novembre 201].

[40« Le mouvement Bizi ! a pour cadre d’action principal le Pays Basque Nord et s’inscrit pleinement dans la mouvance altermondialiste internationale. Notre action s’inscrit naturellement dans le combat pour la diversité culturelle. »

[41Lucas Mascarello , « L’incroyable mobilisation de la police pour retrouver huit chaises qu’exige la banque fraudeuse HSBC », Reporterre, 2 avril 2015.

[42Rémi Barroux, « Des « faucheurs de chaises » agissent pour le climat », lemonde.fr, 1er octobre 2015.

[43LCP a diffusé le 9 novembre 2015 un documentaire de Jean-Bernard Andro « Vous êtes en garde à vue », (France, 2011, 52 mn), qui fait froid dans le dos. Les personnes qui s’expriment en font des récits qui donnent envie de raser les murs à la vue de la première voiture de police venue. Il s’agit sans doute de récits choisis. Pour autant, cela invite à la plus grande circonspection quand il s’agit de proposer des actions qui peuvent mener dans les geôles de l’État.

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